Que devient le salaire pendant un arrêt maladie ? Renseignez trois informations — salaire brut, ancienneté, durée de l’arrêt — et visualisez période par période ce que versent la Sécurité sociale et l’employeur au titre du régime légal… et le moment où le revenu décroche. Pour comprendre les règles derrière le calcul, consultez notre page maintien de salaire et prévoyance.
Hypothèses de la simulation — Arrêt maladie non professionnel, salarié mensualisé du secteur privé, régime légal uniquement (votre convention collective peut prévoir mieux : carence réduite, 100 % du salaire, durées allongées). Montants bruts. IJSS : 50 % du gain journalier de base (salaire retenu dans la limite de 1,4 Smic), plafonnées à 42,97 €/jour (arrêts prescrits depuis le 01/07/2026), versées à partir du 4e jour. Maintien employeur (art. L. 1226-1 et D. 1226-1 du Code du travail) : 1 an d’ancienneté requis, carence de 7 jours, 90 % puis 66,66 % du brut, IJSS déduites. Sources : service-public.fr (fiche F3053), ameli.fr. Simulation indicative — elle ne remplace pas une étude personnalisée.
Comment se répartit la prise en charge pendant un arrêt maladie ?
Un arrêt de travail ne se traduit jamais par un seul versement. Trois acteurs interviennent successivement, avec des règles et des délais différents : la Sécurité sociale, l’employeur, puis — si l’entreprise en a un — le contrat de prévoyance collective. Le simulateur ci-dessus reconstitue cette mécanique jour après jour ; les sections qui suivent en expliquent les règles.
Quel délai de carence s’applique avant les premiers versements ?
Deux carences se superposent, et c’est la première source d’incompréhension pour les salariés.
La Sécurité sociale applique 3 jours de carence : les indemnités journalières ne sont dues qu’à partir du 4e jour d’arrêt. L’employeur, lorsqu’il verse le complément légal, applique quant à lui une carence de 7 jours.
Résultat : un salarié en arrêt court peut ne percevoir aucun revenu pendant la première semaine, sauf si sa convention collective ou son contrat de prévoyance supprime cette carence — ce que prévoient beaucoup d’accords de branche.
Combien verse la Sécurité sociale pendant un arrêt maladie ?
L’indemnité journalière représente 50 % du salaire journalier de base, lui-même calculé à partir de la somme des trois derniers salaires bruts divisée par 91,25.
Deux plafonds la limitent fortement. Le salaire pris en compte est d’abord plafonné à 1,4 fois le Smic mensuel — un seuil abaissé depuis le 1er avril 2025, il était auparavant de 1,8 Smic. Il en résulte un montant maximal de 42,97 € brut par jour pour les arrêts prescrits depuis le 1er juillet 2026.
C’est ce plafonnement qui explique le décrochage constaté par les cadres et les salariés bien rémunérés : au-delà d’un certain niveau de salaire, chaque euro supplémentaire n’est plus indemnisé par la Sécurité sociale.
Que doit compléter l’employeur et pendant combien de temps ?
Le Code du travail impose à l’employeur un complément, sous condition d’un an d’ancienneté dans l’entreprise.
Ce complément porte la rémunération à 90 % du brut pendant les 30 premiers jours, puis aux deux tiers pendant les 30 jours suivants. Ces durées augmentent avec l’ancienneté : 10 jours supplémentaires par tranche entière de 5 ans, chaque période ne pouvant excéder 90 jours. Un salarié de 12 ans d’ancienneté bénéficie ainsi de durées sensiblement plus longues qu’un salarié d’un an — ce que le simulateur intègre.
⚠️ Ce sont des minima légaux. De nombreuses conventions collectives sont plus favorables : maintien à 100 %, suppression de la carence, durées allongées. La convention applicable prime toujours lorsqu’elle est plus avantageuse.
Que se passe-t-il quand l’obligation de l’employeur s’arrête ?
C’est le moment où le revenu décroche vraiment. Une fois les durées légales épuisées, le salarié ne perçoit plus que les indemnités journalières de la Sécurité sociale — plafonnées à 42,97 € par jour.
C’est précisément la fonction du contrat de prévoyance collective : prendre le relais pour maintenir un niveau de revenu proche du salaire habituel, au-delà des obligations de l’employeur. Sans contrat, la perte peut représenter plusieurs centaines d’euros par mois, et davantage encore pour un cadre.
Notre page maintien de salaire et prévoyance détaille cette articulation, et notre guide de la prévoyance collective explique comment dimensionner les garanties.
Sur quelles hypothèses repose ce simulateur ?
Le calcul retient les règles légales en vigueur : carences de 3 et 7 jours, IJSS à 50 % du salaire journalier de base plafonnée à 42,97 €, complément employeur à 90 % puis deux tiers selon les durées de l’article D1226-1.
Il ne tient pas compte des dispositions conventionnelles propres à chaque branche, ni des garanties d’un éventuel contrat de prévoyance, ni des situations particulières (temps partiel thérapeutique, affection de longue durée, accident du travail, qui relèvent de règles distinctes). Le résultat constitue donc une estimation du socle légal, à confronter à votre convention collective.
Sources officielles
- Articles L1226-1 et D1226-1 du Code du travail (Légifrance)
- Indemnités journalières maladie et montants maximum (ameli.fr)
- Smic et plafond de calcul des IJ (ameli.fr)